« Vous avez trouvé la maison de vos rêves? Il ne reste plus qu’à en négocier le prix. Nos conseils pour arriver à vos fins.

Ne faites rien durant la visite. « Demander si le prix est négociable est inutile, car il est rare qu’il soit coulé dans le béton », indique Patrick Juanéda, président de la Fédération des chambres immobilières du Québec. N’en discutez que lorsque vous êtes sûr de vouloir acheter, précise-t-il. Envoyez votre proposition et vos conditions (date d’occupation, inclusion de certains biens dans la vente, etc.) par écrit, dans la promesse d’achat, de préférence dans un délai de 24 à 48 heures après la visite.

Comment savoir si le prix demandé est juste ?

En utilisant les services d’un courtier, conseille Robert Beaudoin, vice-président aux opérations immobilières de Proprio Direct­. « Il a l’expérience du marché et a fait des dizaines de visites. Cela lui permet de savoir, par exemple, si les propriétaires sont pressés de vendre. Autant d’informations stratégiques utiles dans une négociation », dit-il. Le courtier possède aussi des fiches descriptives détaillées avec les prix de propriétés similaires vendues et à vendre dans le quartier. Il connaît l’historique de celle que vous convoitez (nombre de transactions sur la propriété, montant de la vente, etc.).

En outre, il a accès au formulaire Déclarations­ du vendeur sur l’immeuble, dans lequel se trouvent de nombreux renseignements (factures des travaux effectués, problèmes de la bâtisse, etc.). Ce document est obligatoire dans une transaction avec un courtier, mais pas si elle est privée.

Si vous ne faites pas appel à un courtier

Sans courtier, vous devrez naviguer seul. Consulter le site Centris, qui affiche les propriétés dont la vente a été confiée à des courtiers immobiliers au Québec, vous aidera à évaluer le prix demandé pour des maisons comparables dans votre secteur. À vous d’apprécier leurs avantages et leurs défauts par rapport à la résidence que vous souhaitez acquérir, et de fixer votre prix en conséquence.

Selon Patrick Juanéda, l’évaluation municipale et le registre foncier ne sont pas de bons indicateurs. En effet, si l’évaluation ou la dernière transaction sont anciennes, elles ne donneront pas une idée juste des améliorations apportées à la propriété ni des dégradations subies.

Quels arguments de négociation utiliser… ou pas ?

N’émettez pas de jugements de valeur pendant la visite (« C’est sale », « La décoration est quétaine »…), car vous risquez de vous mettre à dos le vendeur. Proposer un montant trop bas peut avoir les mêmes conséquences. Ainsi, pour un prix demandé qui est « juste », une réduction de 5 à 10 % peut être acceptable pour présenter une offre. Mais tout est relatif, et ce pourcentage pourrait être un peu plus élevé si le prix demandé est très au-dessus du marché. Pour négocier, mentionnez plutôt les travaux qui devront être effectués ou les éléments objectifs qui font baisser la valeur de la propriété (zone inondable, système de chauffage vieillot, fonds de prévoyance de la copropriété à sec et gros travaux à venir, etc.).

« La promesse d’achat devrait être conditionnelle à l’inspection », souligne Robert Nadeau, président de l’Organisme d’auto-réglementation du courtage immobilier du Québec. Elle devrait aussi mentionner que la découverte d’un élément majeur sur l’état de la propriété (toit dégradé, moisissure, etc.) vous autorise à retirer votre offre. Dans ce cas, le vendeur pourra alors faire une contre-offre et proposer un prix moindre.

Deux ressources utiles: le site Centris et l’Aide-mémoire de l’Organisme d’auto-réglementation du courtage immobilier du Québec. »

Retrouvez l’article original : http://www.protegez-vous.ca/affaires-et-societe/negocier-prix-maison.html

Par Evelyne Labrosse